Les enfants et l'IA : Interdictions de plateformes et parentalité

Les interdictions des réseaux sociaux gagnent du terrain, mais les lois et les limites d’âge ne peuvent remplacer des échanges ouverts sur la cybersécurité. Le rapport Norton Insights 2026 : Enfants connectés montre que les plateformes les plus risquées pour les enfants ne sont peut-être pas les réseaux sociaux et que les enfants parviennent souvent à contourner les restrictions. Découvrez pourquoi les préoccupations des parents ne ciblent pas toujours les bons risques, ainsi que des conseils de sécurité numérique réellement utiles à la maison.

La main tendue d’un père demande à une fille de lui remettre son téléphone alors qu’elle regarde une vidéo sur le canapé, symbolisant les inquiétudes des parents concernant les interdictions de réseaux sociaux et la sécurité en ligne des enfants.

Cet article fait partie de la série Les enfants et l'IA de Norton, conçue pour aider les familles à actualiser des conversations autrefois plus simples, dans un monde où l’IA a changé ce qui se trouve de l’autre côté de la fenêtre de chat. Le rapport complet Norton Insights : Enfants connectés* présente d’autres conclusions sur les risques propres aux plateformes et les habitudes numériques des familles.

L’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans est en vigueur en Australie depuis décembre 2025, et un groupe d’experts de l’UE a recommandé un accès limité dans le temps et supervisé pour les enfants de moins de 13 ans, selon un article du Guardian. Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la France et le Danemark, ont proposé leurs propres interdictions. Mais quelle que soit l’issue des débats législatifs, les parents d’adolescents et de préadolescents savent que la réalité est souvent plus complexe.

Le nouveau Rapport Norton Insights : Enfants connectés met en évidence l’écart entre les limites fixées par les autorités (qu’il s’agisse des parents ou des pouvoirs publics) et le comportement réel des enfants en ligne. Point positif : 84 % des parents français se disent à l’aise pour parler des risques en ligne avec leurs enfants, et beaucoup ont déjà mis en place une forme de surveillance ou de restriction.

Mais de nombreux enfants trouvent encore des moyens de contourner les règles ou sont exposés à des contenus préjudiciables. Parmi les parents français interrogés :

  • 29 % des parents français indiquent que leurs enfants utilisent leur appareil après l’heure du coucher ou l’heure limite fixée.
  • 32 % indiquent que leur enfant avait un compte sur un réseau social avant d’avoir atteint l’âge minimum requis par la plateforme.
  • 17 % indiquent que leur enfant a regardé du contenu explicite.
  • 26 % indiquent que leur enfant a accédé à une plateforme ou à un site web que le parent pensait avoir bloqué.
  • 12 % indiquent que leur enfant a communiqué des informations privées à un inconnu.

Ces résultats montrent que les discussions sur la sécurité en ligne restent essentielles, mais qu’elles sont plus efficaces lorsqu’elles s’accompagnent d’outils pratiques, d’attentes claires et d’une implication continue des parents.

Les préoccupations des parents face aux risques réels des plateformes

Notre enquête montre que les parents hiérarchisent assez clairement leurs inquiétudes concernant les plateformes, les réseaux sociaux arrivant largement en tête. En France, TikTok arrive en tête avec 33 %, suivi de Snapchat avec 14 % et de Facebook avec 8 %. Les jeux en ligne arrivent ensuite : seuls 6 % des parents les citent comme leur principale préoccupation pour leur enfant. Les préoccupations des parents reflètent largement l’orientation des projets de loi, centrés sur les plateformes de réseaux sociaux.

Cependant, nos recherches suggèrent que certains des risques les plus directs peuvent apparaître dans les chats de jeux vidéo. Un peu plus de la moitié (52 %) des parents français indiquent que leur enfant joue à des jeux en ligne dotés d’une fonction de chat. Parmi ces parents, 53 % indiquent que leur enfant a discuté avec un inconnu, et 30 % que leur enfant a reçu des messages inappropriés ou offensants.

Les nouveaux domaines de la vie numérique, comme les réseaux sociaux, les jeux en ligne et la culture de l’IA méritent tous une stratégie. Une règle générale interdisant les réseaux sociaux peut créer un angle mort quant à ce qui se passe ailleurs sur le même appareil.

« Face aux dangers de la conduite, nous ne nous sommes pas contentés de fixer un âge minimum. Nous avons ajouté des ceintures de sécurité, des limitations de vitesse et amélioré la conception des routes. La même logique s’applique ici. Une limite d’âge détermine qui est autorisé à accéder à une plateforme. Elle ne rend pas la plateforme plus sûre une fois qu’un adolescent y accède et ne remplace pas des échanges ouverts à la maison. Les parents considèrent parfois l’âge minimum imposé par une plateforme comme une mesure de sécurité. Mais ce n’est qu’une condition d’accès. La sécurité dépend toujours des paramètres, de la supervision et du dialogue, que la plateforme soit techniquement autorisée ou interdite par la loi. »

— Leyla Bilge, responsable mondiale de la recherche sur les escroqueries chez Norton

Ce que les parents peuvent faire, quelle que soit la loi

La législation peut fixer un cadre général, mais les parents doivent encore adapter ces règles à la situation de leur propre enfant. L’approche la plus efficace combine des limites propres à chaque application, les paramètres de sécurité intégrés, des échanges réguliers et des règles qui évoluent à mesure que l’enfant grandit.

  • Définissez des règles propres à chaque plateforme : une interdiction générale des réseaux sociaux est difficile à faire respecter. Prendre une décision application par application, selon ce qu’une plateforme donnée montre à votre enfant, est plus efficace qu’une interdiction globale.
  • Explorez les fonctions de sécurité intégrées : la plupart des grandes plateformes proposent désormais des comptes pour adolescents, des outils d’association familiale ou des modes supervisés avec des restrictions par défaut sur les contenus et les contacts. Ces fonctions ne constituent pas une solution complète, mais elles sont gratuites et déjà disponibles.
  • Réévaluez les règles à mesure que votre enfant grandit : une configuration adaptée à 11 ans ne le sera peut-être plus à 14 ans. Considérez l’accès aux plateformes comme un élément à ajuster au fil du temps, et non comme une décision prise une fois pour toutes.
  • Poursuivez le dialogue parallèlement aux réglages : le contrôle parental peut réduire l’exposition aux risques en ligne, mais les enfants déterminés peuvent trouver des moyens de le contourner. Des échanges réguliers et précis (« Quelque chose d’étrange est apparu dans ton fil cette semaine ? ») peuvent révéler des expériences que les paramètres ne détectent pas.

Mieux comprendre le comportementen ligne de votre enfant

Les paramètres des plateformes offrent un premier niveau de soutien pour accompagner vos enfants dans le monde numérique — Norton Family peut en ajouter un autre. Cet outil aide les parents à comprendre comment leurs enfants passent leur temps en ligne, à gérer le temps d’écran et à bloquer les sites web inadaptés. Ces informations supplémentaires permettent d’adapter plus facilement les règles familiales et de rendre les discussions sur la sécurité en ligne plus concrètes.

Note méthodologique

*L’étude Connected Kids 2026 a été commandée par Gen (la société à l’origine de Norton) et menée en ligne par Dynata dans 12 marchés, du 22 mai au 19 juin 2026. Elle a été menée auprès de 1 000 adultes en France. Les données ont été pondérées selon l’âge, le genre et la région afin d’être représentatives à l’échelle nationale. Les mentions de « parents » désignent les parents d’enfants de moins de 18 ans, qui représentent 39 % des adultes interrogés sur l’ensemble des marchés. Les données présentées dans cet article concernent uniquement les répondants français.

Jeremy Coppock
Rédacteur pour Norton, Jeremy Coppock s'intéresse à la formation à la lutte contre les escroqueries. Il a travaillé comme enquêteur sur les fraudes pour un grand détaillant en ligne.

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