Les enfants et l'IA : les inconnus en ligne à l'ère de l'IA
De nouvelles données Norton montrent que les enfants continuent de rencontrer des inconnus en ligne : un peu plus de la moitié des parents français dont l'enfant joue à des jeux avec chat intégré déclarent que leur enfant y a parlé à un inconnu. À l'ère de l'IA, certains de ces inconnus ne sont même pas humains. Découvrez comment les chats de jeux et les bots IA transforment les risques auxquels les enfants sont confrontés en ligne, et comment actualiser à la maison la discussion sur les inconnus.
Cet article est le premier de la série Les enfants et l'IA de Norton, conçue pour aider les familles à actualiser des conversations autrefois plus simples, dans un monde où l'IA a changé ce qui se trouve de l'autre côté de la fenêtre de discussion. Le rapport complet Norton Insights : Enfants connectés* présente d'autres résultats sur les risques propres aux plateformes et les habitudes numériques des familles.
La plupart des parents connaissent par cœur une version de la discussion « ne parle pas aux inconnus » : ne donne pas ton nom, ne partage pas ta localisation et ne parle pas aux personnes que tu ne connais pas. C'est une bonne base. Mais elle n'est plus adaptée aux endroits où les enfants rencontrent aujourd'hui des inconnus.
Selon le nouveau Rapport Norton Insights : Enfants connectés, les risques se concentrent dans les jeux vidéo, et non sur les réseaux sociaux. Parmi les 52 % de parents français dont l'enfant joue à des jeux en ligne avec chat intégré :
- 53 % déclarent que leur enfant a discuté avec un inconnu par chat vocal ou écrit.
- 30 % déclarent que leur enfant a reçu des messages inappropriés ou offensants.
- 29 % déclarent que leur enfant a été incité à quitter le jeu pour poursuivre la conversation sur une autre plateforme.
Comparez ces chiffres à la façon dont les parents classent leurs inquiétudes : TikTok arrive en tête des plateformes qui les préoccupent, avec 33 %, tandis que les jeux en ligne ne recueillent que 6 %, derrière Facebook (8 %) et YouTube (6 %). Ce classement montre que les interdictions des réseaux sociaux risquent de manquer leur cible.
Pourquoi les chats de jeux constituent un angle mort pour les parents
L'Internet qu'ont connu les parents a changé. Dans le chat d'un jeu, il n'y a parfois aucun profil à consulter ni aucun signal d'alerte évident : seulement une voix dans un casque ou un message dans un salon. Et le risque ne tient pas uniquement à la personne présente dans le chat. Il dépend aussi de ce qui se passe lorsque la conversation se déplace ailleurs.
Leyla Bilge, directrice mondiale de la recherche sur les escroqueries chez Norton, l'explique ainsi : « La couche de chat ajoutée aux jeux est souvent le lieu où se produit la véritable exposition au risque, et elle tend à être moins visible pour les parents que l'utilisation des réseaux sociaux. Lorsqu'un enfant quitte une plateforme de jeu pour une application de messagerie privée à la demande de quelqu'un, cette escalade peut être difficile à détecter, et l'enfant ne comprend pas toujours qu'il devrait en parler. »
Pour un enfant, passer d'un chat intégré au jeu à Discord ou Snapchat peut simplement donner l'impression de se faire plus vite un nouvel ami. Mais il s'agit aussi d'un schéma bien documenté de mise en confiance à des fins malveillantes. Les enfants ne reconnaissent pas toujours cette demande comme un signal d'alerte. Les parents doivent donc leur expliquer clairement que toute invitation à poursuivre une conversation hors de la plateforme mérite d'être signalée.
Les inconnus en ligne ne sont pas toujours des personnes
Le nouveau Norton Insights Report met également en évidence un deuxième changement : certains des comptes avec lesquels les enfants discutent ne sont pas gérés par des personnes. Parmi les parents dont l'enfant a été victime de cyberharcèlement, 23 % indiquent que l'auteur était un compte généré par IA ou un bot, contre 33 % qui déclarent qu'il s'agissait d'une personne utilisant un faux profil.
Cela change la nature du risque. Un conflit avec un camarade de classe a un contexte que l'enfant peut analyser. Ce n'est pas le cas d'un message de harcèlement provenant d'un compte qui n'est peut-être pas humain. Il n'y a ni motivation à comprendre ni relation à réparer, seulement un schéma qui continue de s'intensifier.
« Le chat des jeux a été conçu pour la coordination, pas pour vérifier les identités, et c'est précisément ce qui le rend facile à automatiser. Une personne ne peut mener qu'une tentative de manipulation à la fois. Un compte piloté par IA peut appliquer le même scénario à des centaines d'enfants simultanément, sans jamais se fatiguer ni se contredire au point d'abandonner. Les parents doivent considérer une demande visant à déplacer une conversation hors de la plateforme comme un signal d'alerte potentiel à elle seule, quelle que soit la personne ou la technologie à l'origine de la demande. »
— Leyla Bilge, directrice mondiale de la recherche sur les escroqueries chez Norton
Comment actualiser la discussion sur les inconnus
Actualiser cette discussion ne signifie pas faire un discours plus long ou plus effrayant. Il s'agit d'être précis sur les situations que rencontrent les enfants. Voici quelques conseils pour parler à votre enfant des inconnus en ligne :
- Faites du changement de plateforme une règle, pas une décision au cas par cas : dites clairement à votre enfant que si quelqu'un lui demande de quitter un jeu pour poursuivre la conversation sur une autre application, il doit vous en parler, même si la demande semblait anodine. Une règle claire évite d'avoir à deviner.
- Posez des questions sur le chat, pas seulement sur les applications : « Est-ce qu'il s'est passé quelque chose de bizarre dans le chat cette semaine ? » en apprendra davantage que « Comment s'est passé Roblox ? », car la question vise précisément l'endroit où le risque se trouve.
- Parlez des bots comme d'une catégorie, pas comme d'un épouvantail : les enfants n'ont pas besoin d'avoir peur de chaque message. Ils doivent comprendre que certains comptes ne sont pas gérés par des personnes et que les messages insistants ou manipulateurs méritent d'être signalés, quelle que soit leur origine.
- Faites-en une conversation régulière : un peu moins de la moitié des parents interrogés qui ont découvert que leur enfant avait été victime de cyberharcèlement l'ont appris directement de lui. Une seule discussion ne suffira pas à combler ce manque. Des échanges réguliers et détendus le pourront.
Le Digital Wellness Lab, un centre de recherche du Boston Children's Hospital, utilise le cadre Five M’s of Digital Wellness (les cinq M du bien-être numérique) : Modèle, Mentorat, Suivi, Maîtrise et Sens. Pour les contacts avec des inconnus, le volet « Sens » est peut-être le plus important.
Les parents peuvent demander à leurs enfants ce qu'une personne en ligne attend réellement d'eux, au lieu de simplement leur demander si elle semble gentille. Les enfants savent bien reconnaître un ton amical, mais ils sont moins habitués à décoder les intentions, surtout lorsque cette amabilité fait partie de la stratégie.
Mieux comprendre l'activité en ligne de vos enfants
Les conversations régulières sont importantes, mais il est également utile de savoir où votre enfant passe du temps et qui, ou quoi, il peut y rencontrer. Norton Family donne aux parents une meilleure visibilité sur l'activité en ligne de leurs enfants, y compris sur différents appareils et dans différentes applications, afin que ces discussions reposent sur autre chose que des suppositions.
Note méthodologique
*L'étude Connected Kids 2026 a été commandée par Gen (la société à l'origine de Norton) et menée en ligne par Dynata sur 12 marchés, du 22 mai au 19 juin 2026. Elle a été menée auprès de 1 000 adultes en France. Les données ont été pondérées selon l'âge, le genre et la région afin d'être représentatives à l'échelle nationale. Les mentions de parents désignent les parents d'enfants de moins de 18 ans, qui représentent 39 % des adultes interrogés sur l'ensemble des marchés. Les données présentées dans cet article concernent uniquement les répondants français.
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