Les enfants et l'IA : le sharenting à l'ère de l'IA

L'empreinte numérique de votre enfant a peut-être commencé avant même qu'il sache marcher. Une nouvelle étude Norton révèle que 13 % des parents français ont publié en ligne une photo montrant le visage de leur enfant avant son premier anniversaire. Mais l'IA rend le sharenting plus risqué. Découvrez des mesures concrètes pour revoir ce que vous partagez et mieux protéger la vie privée numérique de votre enfant.

Un père prend un selfie joyeux avec ses deux enfants devant une école primaire. Les enfants portent des sacs à dos et sourient à ses côtés, tandis que d'autres familles circulent près de l'entrée.

Cet article fait partie de la série Les enfants et l'IA de Norton, conçue pour aider les familles à actualiser des conversations autrefois plus simples, dans un monde où l'IA a changé ce qui se trouve de l'autre côté de la fenêtre de discussion. Le rapport complet Norton Insights : Enfants connectés* présente d'autres résultats sur les risques propres aux plateformes et les habitudes numériques des familles.

Il ne s'agit pas de culpabiliser qui que ce soit. Le sharenting (le fait de partager en ligne des photos de ses enfants) est courant, et pour la plupart des familles, ces photos ne vont pas disparaître. Mais l'étude réalisée pour l'édition 2026 du Rapport Norton Insights : Enfants connectés met en lumière un point qui mérite réflexion : 13 % des parents français interrogés avaient publié en ligne une photo montrant le visage de leur enfant avant son premier anniversaire, et 32 % l'avaient fait avant ses six ans. En revanche, 51 % déclarent n'avoir jamais publié de photo de leur enfant.

Ces photos ont peut-être été publiées plusieurs années avant que l'expression « fausse image générée par IA » n'entre dans le vocabulaire des parents. Elles sont peut-être toujours en ligne aujourd'hui. Malheureusement, les usages possibles de ces images ont changé.

Les parents reconsidèrent ce qu'ils ont partagé

En France, 73 % des parents craignent que l'IA soit utilisée pour créer de fausses images ou de fausses conversations mettant en scène leur enfant. Et 76 % s'inquiètent que les photos ou informations publiées en ligne au sujet de leur enfant aient des conséquences négatives pour lui à l'avenir. L'inquiétude est claire, mais pour de nombreux parents, elle n'est apparue qu'après des années de partage.

Il s'agit moins d'une contradiction que d'un signe que les temps ont changé. Publier une photo de bébé en 2020 ou en 2022 n'était pas considéré comme risqué selon les critères de l'époque. Ce sont les critères qui ont évolué.

Ce que l'IA change au sharenting

Les criminels peuvent utiliser des photos générées par IA ou de fausses identités pour gagner la confiance d'un jeune ou le manipuler afin qu'il partage de vraies images, qui peuvent ensuite servir à une sextorsion financière.

L'an dernier, le National Center for Missing & Exploited Children des États-Unis a reçu en moyenne plus de 100 signalements par jour de sextorsion financière visant des enfants et des adolescents. Les victimes sont très majoritairement des garçons adolescents, et de nombreuses affaires commencent sur les réseaux sociaux, les plateformes de jeux ou les applications de messagerie. Les victimes sont très majoritairement des garçons adolescents, et de nombreuses affaires commencent sur les réseaux sociaux, les plateformes de jeux ou les applications de messagerie.

Les photos d'enfance accessibles au public peuvent aussi servir de matière première à la génération d'images par IA, au-delà des seuls cas ciblés de sextorsion. Dès qu'un visage clairement identifiable est public, il devient impossible de contrôler totalement où l'image peut se retrouver.

« Depuis des années, les parents apprennent à leurs enfants à reconnaître les inconnus en ligne, mais l'IA transforme ce que le "danger" peut représenter sur Internet », explique Leyla Bilge, directrice mondiale de la recherche sur les escroqueries chez Norton. « Entre le détournement et la modification de photos publiées ou partagées, et les bots IA qui usurpent l'identité de sources de confiance, de tout nouveaux risques apparaissent. Les parents doivent donc actualiser leur façon de parler de sécurité en ligne, mais aussi leur regard sur les contenus déjà publiés. »

« Les photos publiées par les parents sont rarement problématiques à elles seules. C'est leur combinaison qui compte : une photo nette et de face du visage d'un enfant, accompagnée de son nom, puis d'une école ou d'une ville mentionnée quelque part dans le même fil. Pris séparément, chacun de ces éléments présente peu de risques. Ensemble, ils donnent presque tout ce dont un acteur malveillant a besoin. Je préfère que les parents examinent cette combinaison plutôt que de vouloir contrôler chaque publication. »

— Leyla Bilge, directrice mondiale de la recherche sur les escroqueries chez Norton

Le sharenting est une décision parentale, pas seulement une décision de publication, et il mérite la même réflexion que les autres choix concernant votre enfant. Avant de partager un contenu, demandez-vous si vous seriez à l'aise qu'un inconnu voie cette photo précise et sa légende. Si votre réponse change lorsque vous imaginez un inconnu plutôt qu'un grand-parent, il peut être préférable de reconsidérer la publication ou d'en limiter la visibilité.

Quatre vérifications de confidentialité à faire dès maintenant

Vous n'avez pas besoin de supprimer tout l'historique numérique de votre enfant. Quelques vérifications permettent de couvrir l'essentiel :

  • Portez un regard neuf sur votre propre historique de publications : parcourez les photos que vous avez publiées au cours de l'année écoulée. Les publieriez-vous encore aujourd'hui, avec ce que vous savez désormais ? Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, simplement un état des lieux que la plupart des parents n'ont pas encore fait.
  • Vérifiez qui peut voir ce que vous publiez : les paramètres de confidentialité évoluent. Une photo publiée pour les « amis uniquement » en 2021 peut aujourd'hui être visible plus largement si un compte est devenu public, si une plateforme a modifié ses réglages par défaut ou si votre liste d'amis s'est élargie à des personnes que vous connaissez à peine.
  • Pensez aux détails permettant d'identifier votre enfant, pas seulement aux visages : une photo montrant un uniforme scolaire, un numéro de maison ou un lieu reconnaissable révèle à un inconnu plus d'informations que vous ne le pensez. Recadrez ces éléments ou évitez de publier la photo lorsque c'est possible.
  • Associez le reste de la famille : les grands-parents, tantes, oncles et amis de la famille qui publient des photos de vos enfants contribuent eux aussi à leur empreinte numérique. Un simple message du type « Pourriez-vous garder ces photos dans notre groupe de discussion familial ? » peut faire une grande différence.

La protection en ligne ne se limite pas à ce que vous partagez

Revoir vos propres publications est une première étape utile, mais la sécurité en ligne de votre enfant dépend aussi des messages, comptes et contenus qu'il rencontre lui-même. Norton 360 avec la Détection des escroqueries basée sur l'IA peut aider à signaler les interactions suspectes en temps réel, tandis que Norton Family vous donne une meilleure visibilité sur l'activité en ligne de votre enfant lorsqu'il devient assez grand pour publier lui-même.

Note méthodologique

*L'étude Connected Kids 2026 a été commandée par Gen (la société à l'origine de Norton) et menée en ligne par Dynata sur 12 marchés, du 22 mai au 19 juin 2026. Elle a été menée auprès de 1 000 adultes en France. Les données ont été pondérées selon l'âge, le genre et la région afin d'être représentatives à l'échelle nationale. Les mentions de parents désignent les parents d'enfants de moins de 18 ans, qui représentent 39 % des adultes interrogés sur l'ensemble des marchés. Les données présentées dans cet article concernent uniquement les répondants français.

Jeremy Coppock
Rédacteur pour Norton, Jeremy Coppock s'intéresse à la formation à la lutte contre les escroqueries. Il a travaillé comme enquêteur sur les fraudes pour un grand détaillant en ligne.

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